Le DPE collectif ne regarde pas les logements un par un. Il observe l’immeuble dans son ensemble : bâti, équipements communs, consommations d’énergie, émissions de gaz à effet de serre. Résultat : une étiquette énergie et climat, de A à G, attribuée au bâtiment. C’est un outil de lecture stratégique. Il met en évidence les faiblesses structurelles, aide à comparer plusieurs bâtiments et pose les bases des discussions sur les travaux. Attention toutefois : le diagnostic est réalisé par bâtiment. Une copropriété composée de plusieurs immeubles devra donc, sauf cas particulier, réaliser plusieurs DPE collectifs.
Autre évolution majeure au 1er janvier 2026 : le calcul du DPE évolue. Le coefficient de conversion de l’électricité (CEP), fixé à 2,3 est passé à 1,9 pour “mieux refléter la réalité du mix électrique français” dixit le Ministère de la Transition écologique. Effet immédiat : des centaines de milliers de logements chauffés à l’électricité pourraient changer de classe énergétique, parfois sans travaux. Bonne nouvelle pour les propriétaires : les DPE encore valides (postérieurs à juillet 2021) n’ont pas besoin d’être refaits. Une attestation de l’ADEME permettra simplement de mettre à jour l’étiquette énergétique jusqu’à la fin de validité du diagnostic.
La lutte contre les diagnostics de complaisance franchit un cap. La loi anti-fraude renforce les contrôles, durcit les sanctions et impose davantage de traçabilité aux diagnostiqueurs. Registre national des opérateurs certifiés, encadrement strict des pratiques commerciales, fin du démarchage abusif : le cadre se resserre. Certains outils emblématiques, comme le QR code de vérification des DPE ou les contrôles automatisés, seront déployés progressivement, au rythme de la mise en place des systèmes nationaux. Le message est clair : plus de fiabilité, plus de transparence, mais une montée en puissance graduelle.
Dernier point et non des moindres : MaPrimeRénov’ marque une pause en 2026. Le dispositif doit être suspendu temporairement, le temps d’être repensé et recentré. Concrètement, certains projets pourraient être ralentis. Mais une chose est sûre : les diagnostics (de qualité !) deviennent encore plus précieux. Quand les aides se font rares ou instables, mieux vaut savoir précisément où investir, dans quel ordre et avec quel impact.